La DMLA sèche est la forme la plus fréquente de la dégénérescence maculaire liée à l'âge : environ 8 cas sur 10. Contrairement à la forme humide, la DMLA sèche évolue lentement, sur des années, sans douleur ni signe brutal. Son stade avancé, appelé atrophie géographique, correspond à la disparition progressive de plages de rétine au centre de la vision. Cet article explique comment cette maladie évolue, comment la surveiller au quotidien, et fait le point, sans faux espoir mais sans fatalisme, sur l'état réel des traitements.
La DMLA sèche : la forme la plus fréquente de la maladie
La dégénérescence maculaire liée à l'âge existe sous deux formes. La forme humide, liée à la pousse de vaisseaux anormaux sous la rétine, évolue vite mais bénéficie d'un traitement par injections. La DMLA sèche, dite atrophique, représente environ 8 cas sur 10. Elle touche la macula, la petite zone centrale de la rétine qui permet de lire, de reconnaître les visages et de distinguer les détails.
Elle commence par des drusen, de petits dépôts qui s'accumulent sous la rétine, et par des altérations de l'épithélium pigmentaire, la couche de cellules qui nourrit les photorécepteurs. À ce stade précoce, la vision reste souvent bonne et la maladie passe volontiers inaperçue.
Comment la DMLA sèche évolue-t-elle ?
La DMLA sèche évolue lentement, sur des années. C'est une différence majeure avec la forme humide, qui peut faire baisser la vision en quelques semaines. Cette lenteur laisse le temps d'organiser la surveillance, d'adapter son mode de vie et de préparer, si nécessaire, les aides visuelles.
La vitesse de progression varie beaucoup d'une personne à l'autre. Certains patients conservent une vision utile pendant très longtemps. D'autres évoluent plus rapidement, en particulier lorsque les deux yeux sont touchés ou que les lésions se rapprochent du centre de la macula.
L'atrophie géographique : le stade avancé de la DMLA sèche
L'atrophie géographique est le stade avancé de la forme sèche. Des plages de rétine bien délimitées, où les cellules visuelles et l'épithélium pigmentaire ont disparu, apparaissent au fond de l'œil. Leurs contours dessinent une sorte de carte, d'où le terme de « géographique ». Ces plages s'étendent progressivement et finissent par atteindre le centre de la vision.
Tant que l'atrophie épargne le point de fixation, l'acuité visuelle mesurée peut rester correcte, alors même que la lecture devient laborieuse. Lorsque le centre est atteint, une tache fixe s'installe au milieu du champ visuel.
Quels symptômes doivent alerter ?
La DMLA sèche est indolore et progressive. Les signes s'installent sans bruit :
- Gêne à la lecture : besoin de plus de lumière, lettres qui manquent, mots sautés en fin de ligne ;
- Difficulté à reconnaître les visages : les détails du centre de la vision deviennent imprécis ;
- Tache centrale : zone floue, grise ou sombre au milieu du champ visuel, au stade d'atrophie géographique ;
- Déformation des lignes droites : ce signe n'est pas typique de la forme sèche et doit faire consulter en urgence, car il évoque une complication humide.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Le diagnostic repose sur l'examen du fond d'œil et sur l'OCT, un scanner laser de la rétine, indolore et sans contact. L'OCT confirme le diagnostic de DMLA sèche, précise l'étendue des lésions et mesure, d'une visite à l'autre, l'extension des plages d'atrophie géographique. L'OCT-angiographie permet de vérifier l'absence de néovaisseaux, sans injection de produit de contraste.
Existe-t-il un traitement de la DMLA sèche ?
Il faut répondre avec exactitude, car la situation diffère selon les continents. Aux États-Unis, la FDA a autorisé en 2023 deux médicaments injectés dans l'œil, le pegcetacoplan et l'avacincaptad pégol. Ils ralentissent l'extension de l'atrophie, mais ne restaurent pas la vision déjà perdue.
En Europe, aucun médicament de la DMLA sèche n'est autorisé à ce jour. L'Agence européenne des médicaments a refusé le pegcetacoplan, estimant que le bénéfice ressenti par les patients n'était pas suffisamment démontré, et le dossier du second médicament a été retiré. Les patients européens n'ont donc pas accès à ces traitements.
La recherche reste très active : thérapies géniques, implants rétiniens — avec notamment des travaux français. Il s'agit d'essais cliniques, pas de traitements disponibles, et aucune date de mise à disposition ne peut être annoncée sérieusement.
DMLA sèche : ce que vous pouvez faire aujourd'hui
L'absence de traitement autorisé ne signifie pas l'absence de prise en charge. Plusieurs mesures gardent une utilité réelle :
- Arrêter le tabac : le tabagisme est le principal facteur de risque modifiable de la maladie ;
- Surveillance régulière : fond d'œil et OCT à un rythme défini avec votre ophtalmologiste ;
- Autosurveillance à la grille d'Amsler : un test simple, œil par œil, une fois par semaine à la maison ;
- Supplémentation AREDS2 : au stade intermédiaire, ces compléments réduisent le risque d'évolution vers les formes avancées ;
- Prise en charge basse vision : aides optiques grossissantes, éclairage adapté, rééducation, pour continuer à lire et rester autonome.
DMLA sèche et risque de forme humide : rester vigilant
Une DMLA sèche peut à tout moment se compliquer d'une forme humide, c'est-à-dire de l'apparition de néovaisseaux sous la rétine. Cette complication, elle, se traite par injections intravitréennes, et le résultat est d'autant meilleur que le traitement est débuté tôt. Toute déformation des lignes droites ou baisse rapide de la vision impose une consultation en urgence.
FAQ : DMLA sèche et atrophie géographique
La DMLA sèche rend-elle aveugle ?
Elle atteint la vision centrale, celle de la lecture et des détails, mais préserve la vision périphérique. La DMLA sèche n'entraîne pas de cécité totale : on continue de se déplacer et de percevoir son environnement, même au stade avancé.
Existe-t-il un traitement de la DMLA sèche en Europe ?
Non. Deux médicaments sont autorisés aux États-Unis depuis 2023, mais l'Europe ne les a pas approuvés : l'un a été refusé par l'Agence européenne des médicaments, l'autre dossier a été retiré. La surveillance et les mesures de prévention restent donc essentielles.
Quelle est la différence entre DMLA sèche et DMLA humide ?
La forme sèche évolue lentement, par disparition progressive des cellules rétiniennes. La forme humide, liée à des vaisseaux anormaux, évolue vite mais se traite par injections. Une forme sèche peut se transformer en forme humide, d'où l'importance de l'autosurveillance.
À quelle fréquence faut-il surveiller sa vision ?
Testez chaque œil séparément une fois par semaine avec la grille d'Amsler, et respectez le rythme de consultations fixé par votre ophtalmologiste. Toute modification récente — déformation, tache, baisse rapide — justifie un rendez-vous sans attendre le prochain contrôle.
Les compléments alimentaires sont-ils utiles ?
Au stade intermédiaire de la DMLA sèche, la supplémentation de type AREDS2 réduit le risque de progression vers les formes avancées. Elle ne guérit pas la maladie et ne remplace ni l'arrêt du tabac ni la surveillance. Parlez-en à votre médecin avant de commencer.
Quand consulter le Dr Julien Gozlan ?
Le Dr Julien Gozlan, chirurgien ophtalmologue spécialisé dans les maladies de la rétine à Paris 16, assure le diagnostic et le suivi de la DMLA sèche : examen du fond d'œil, OCT, OCT-angiographie et mesure de l'extension de l'atrophie d'une visite à l'autre. Consultez sans attendre en cas de déformation des lignes, de tache centrale récente ou de baisse rapide de la vision.
📍 Consultation au Cabinet Ophtalmologique Paris - Auteuil
Le Dr Julien Gozlan vous reçoit au Cabinet Ophtalmologique Paris - Auteuil pour un bilan maculaire complet — fond d'œil, OCT, OCT-angiographie — et le suivi régulier de la DMLA sèche.
Prendre rendez-vousPour aller plus loin
- DMLA : comprendre la dégénérescence maculaire liée à l'âge dans ses deux formes.
- Causes de la DMLA : âge, hérédité, tabac — les facteurs de risque connus.
- Grille d'Amsler : le test d'autosurveillance à faire chez soi.
- DMLA et OCT-angiographie : dépister les néovaisseaux sans injection.
- DMLA et conduite automobile : ce que la maladie change au volant.